posted on 26 décembre 2008 à 11:42 par Yslaire / Auteur

...de Bruxelles-Capitale, c’est cette version de l’Archange et le Zinneke. Vous le savez, je suis un éternel insatisfait, et je multiplie les versions avant de choisir. J’avais donc essayé de transformer les ailes de l’Archange Saint-Michel en un montage d’Iris, reprenant graphiquement le logo officiel de la ville. Puis le trouvant trop kitsch, je l’ai écarté, pour mettre en valeur le contraste animal entre l’homme-oiseau angélique et le sphinx-léopard : plus bâtard, plus zinneke, à mon goût. Symbolisme, quand tu nous tiens... 

 

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posted on 19 décembre 2008 à 13:16 par Yslaire / Evènements

Pour les 20 ans de Bruxelles-Capitale, la région a demandé à 20 artistes de Bande dessinée de faire une illustration sur le thème de... Bruxelles. Avril, De Crecy, Schuiten, Vermeulen, Van Hasselt, Juillard, Dominique Goblet, Berthet, Loustal, Bravo, Cédric Manche, Sacha Goerg, Renaud Colin, Gotting, Geerts, Vincent Mathy, Merveille, Régis Lejonc , Johan De Moor et moi-même. Chacune de ces oeuvres sera reproduite dans la ville, puis regroupées dans un livre. Je l’ai intitulée L’Archange et le Zinneke. Voici ce que j’ai écrit à ce sujet, pour commenter mon envoi...

Evoquer Bruxelles, donner une image de mon lieu de naissance, c'est comme parler de ma mère. C'est tellement intime... Un cortège de souvenirs épars, de fragments de vie, de sensations baroques... Comment résumer l'odeur des baraques à frites après la pluie, le moyen-âge au coin de la rue et un ciel aussi bas que la lumière y est rare. Des femmes voilées promenant leur chien sans race devant Manneken Pis, battant le pavé mouillé d'une capitale européenne qui n'en a pas tout à fait le titre, mais la fonction, d'une région qui en a le nom, mais pas tout à fait la fonction. Toute la  poésie de l'à peu près, du presque et du "half en half".

Bruxelles, ma ville... J'y suis né, en plein centre, sous l'aile d'un archange terrassant le dragon, presqu'en même temps que la Communauté Européenne. Saint Michel, patron de la ville, n'a d'ailleurs jamais vaincu le dragon. Car leur combat éternel est celui d'un couple marié contre nature, au sommet de l'hôtel de ville. Ici, on ne s'envole pas, on apprend à vivre "avec".

Aujourd'hui que j'ai perdu la foi chrétienne, que je travaille avec des parisiens, je comprends enfin que le surréalisme est une invention belge confirmée par son bilinguisme et sa multiculturalité. Que le mystère de ma ville ne se dévoile qu'à ceux qui l'ont quittée. Que si impossible n'est pas français, il est politiquement bruxellois. Que le mot bâtard se dit ici zinneke, et que je suis fier d'en être un. Même si c'est un honneur intraduisible. Que le chef-d'oeuvre de l'Art nouveau, le palais Stoclet, ne se visite pas. Que son maître d'oeuvre a préféré un viennois nommé Gustav Klimt pour le décorer, plutôt que son chef de file bruxellois, Fernand Khnopff. Que saint Michel ne s'est toujours pas envolé, et qu'actuellement, peut-être assagi, il pactise avec son vieux démon.

Voilà pourquoi j'ai voulu rendre hommage à Khnopff, à mes yeux le plus emblématique de nos peintres. Je me suis inspiré de son tableau Des Caresses, ou l'Art, ou le Sphinx, de sa facture symbolique, mystérieuse et alchimique, qui rend les décors indéchiffrables autant que le sujet. Pour perpétuer la confusion de sens, l'archange a pris la place de l'androgyne, alors que le dragon s'est métamorphosé en un sphinx moderne, aussi mystérieux pour nous aujourd'hui que la jeune immigration, par les questions qu'elle nous pose sur notre futur. En bon bruxellois, j'ai rajouté une mosaïque "d'architextures" improbables en mélangeant des techniques opposées, photo et dessin, ordinateur et pinceau, matières et vides, imaginaire et réel. Car si Dick Annegarn ne l'avait pas chanté, je le confirme: Bruxelles, ma belle, Babel, bilingue et baroque, est d'abord la capitale des Zinneke.

 

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posted on 12 décembre 2008 à 13:21 par Yslaire / Evènements

Le vernissage de l’exposition prévue au Louvre, intulée Le petit dessein, est fixé au lundi 19 janvier [edit : déplacé au mercredi 21]. J’y serai présent bien évidemment, en compagnie de Jean-Claude Carrière, Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Matthieu et Eric Liberge, tous auteurs d’un livre paru aux éditions du Louvre-Futuropolis associés. Dans mon cas, l’album n’étant pas paru, c’est une démarche originale qui est initiée. Il y aura trois écrans, diffusant en montage sophistiqué le making-of du Ciel au-dessus du Louvre. A savoir, une grosse partie des pages réalisées sur tablette Wacom Cintiq 21. Dans le cas de certains dessins, on verra l’évolution historique, de sa première esquisse jusqu’à sa finition, en passant par chaque étape de coup de pinceau (oui, oui, le dessin en accéléré) ou par la superposition de calques informatiques.

Clou de l’expo, il est prévu une démonstration en direct de ce travail si particulier : en clair, je réaliserai, sur place, dans le cadre prestigieux du plus grand musée du monde, une planche en live. En référence à David qui avait son atelier installé dans les murs (en-dessous de la grande galerie), et au récit qui en né, je dessinerai ce qui sera exposé ce jour-là. Un artiste vivant et créant au Louvre, cela ne s’était plus vu depuis... combien de temps ?

posted on 27 novembre 2008 à 08:22 par Yslaire / Evènements

Dans le cadre de la collection Futuropolis-le Louvre, trois livres sont d'ores et déjà parus, mettant en scène le fameux musée parisien. Le quatrième, Le ciel au-dessus du Louvre, devrait paraître au premier semestre prochain. D'ores et déjà une exposition regroupant les 4 auteurs BD est prévue au Louvre  entre le 19 janvier et le 20 avril. Pour l'affiche, la commande du musée a été de demander à chacun des auteurs, de dessiner... la Joconde!

Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Matthieu et Eric Liberge se sont donc prêtés au jeu. A mon avis, ils ont eu autant de difficulté que moi à aborder ce thème pour le moins rebattu. Combien de détournements du plus fameux tableau du monde ont déjà été opérés ? Je ne pouvais pas, à l'image des dadaïstes, me contenter de rajouter par provocation la houpette de Tintin au chef d'oeuvre de Vinci. C'est peut-être une bonne idée conceptuelle en matière de communication publicitaire, mais ce ne serait pas  cohérent avec ma démarche actuelle. Je me suis donc contenté en toute "humilité" d'en faire un "croquis d'après nature". Sans tenter de l'interpréter (c'est là que réside mon humilité), ma main suffisant déjà à trahir l'illustre modèle... Et il faut bien reconnaître que l'exercice est périlleux. L'illustre sourire est impossible à reproduire et reste à mon sens mystérieux. D'autant que Léonard De Vinci a passé dix ans à le peindre et le parfaire et que je n'avais qu'une journée. Bref, je ne sais que penser du résultat. Si ce n'est que j'ai répondu à la commande, qui comme d'habitude en BD a été posée en ces termes (approximatifs) : "Allez, un petit crobard, ce serait sympa pour l'affiche, hein? ". (C'est fou ce qu'on est toujours sympa nous les dessinateurs de BD !). Voilà donc le "crobard"...

 

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posted on 08 novembre 2008 à 12:57 par Yslaire / Albums

Bon, évidemment il faut être parisien pour l’avoir vue. Voilà au moins une bonne raison de montrer ici cette affiche conçue pour la promotion de Hugo & Iris 2. Vous remarquerez le titre et le slogan en rapport avec l’image choisie, en l’occurrence les yeux d’Iris. Ce qui paraît évident, limpide, puisque c’est la reprise du fond de la couverture. Mais le message est double, car ces yeux rouges envoûtants pourraient être aussi ceux de Julie. Donc il concerne aussi bien Sambre que La Guerre des Sambre. Ce que confirme le slogan : une folie amoureuse qui traverse les générations... L’air de rien, cette affiche est plus subtile qu’il n’y paraît. Et c’est l’oeuvre de Didier Gonord.  
Oui, à propos, ceci est le projet, pas la réalisation définitive. les petites couvertures en bas sont supposées être celles des cinq Sambre et des deux Hugo & Iris.

 

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posted on 27 octobre 2008 à 11:46 par Yslaire / Auteur

On se souvient du portfolio de Bilal (dont c'était le titre), avant la chute dudit mur de Berlin. Aujourd'hui il en reste quelques fragments (du mur) en banlieue berlinoise, que je n'ai pas manqué d'aller visiter. Les tags existaient déjà avant 1989 mais ont particulièrement fleuri depuis. D'autant que c'est un musée à ciel ouvert et légèrement abandonné. On aime ou on n'aime pas ce genre d'expression urbaine spontanée et anonyme, mais on ne peut que rester songeur devant une telle  débauche de couleurs, de symbolique psychotique, de provocation baroque... (sauf erreur Kunst signifie art). Personnellement, j'aime cette vitalité. Sans doute mon passé de rebelle-hippie qui me rattrape...

 

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posted on 18 octobre 2008 à 13:20 par Yslaire / Personnages

Encore une esquisse, pour Le ciel au-dessus du Louvre. Jules perdu dans la foule. Jean Bastide, qui est un amoureux fou du dessin (le genre à s'extasier devant un trait de crayon ou deux hachures de Toulouse-Lautrec, et à en parler pendant quatre heures, vous voyez ce que je veux dire ? Un vrai fou, quoi.) a beaucoup apprécié la deuxième case. Il trouvait que cela pouvait agréablement rester inachevé autour de Jules, tant les "trognes" de foule, vivantes, au trait exubérant, mettaient en valeur sa sérénité classiques. En tout cas, cela fait plaisir d'être compris dans ses intentions...

 

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posted on 14 octobre 2008 à 11:43 par Yslaire / Auteur

Juste une petite esquisse... Réalisée dans une mises en scène pour Hugo & Iris 3, le dessin a jailli, avec légèreté. C'était l'occasion de tester de nouvelles formes de brosses/pinceaux dans photoshop, héritées d'un supplément dans iCreate. Parmi les 160 proposées, celle-ci m'a ravi. Un effet d'aquarelle dans le gris sombre, qui donne aux ombres un aspect liquide. Quand on sait que Sambre est une rivière en Belgique...
Mmh... Au moins une journée de bonheur. c'est si simple parfois...

 

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posted on 24 septembre 2008 à 16:05 par Yslaire / Albums

Dans cette case, Jules pénètre à l’intérieur du Museum, mais... A quoi ressemblait la grande galerie au moment de la Révolution ? A vrai dire les documents manquent un peu. Le bâtiment a subi de telles transformations à travers les siècles qu’il est délicat d’en donner une vision parfaitement réaliste. Et les documents d’époque, dont ceux du peintre Hubert Robert, ne sont pas réalistes : on y voit la grande galerie à ciel ouvert ou en ruines, ce qui correspond à la version romantique de son auteur. On sait aussi que le Louvre abritait des ateliers d’artistes dont notamment celui de David. Mais le situer avec précision est plus complexe encore. L’atelier est d’après certains témoignages au rez-de-chaussée sous le grand escalier (lequel ? Où ?), et  le long de la Seine. Et jusqu'à présent, je n’ai trouvé qu’une gravure le représentant partiellement. Et encore, elle date de 1809. C’est dire qu’une véritable reconstitution historique m’apparaît impossible. J’ai donc pris le parti de tenter d’en donner plus humblement un aperçu, un sentiment... Ceci n'est qu'une esquisse bien sûr... 

 

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posted on 19 septembre 2008 à 17:41 par Yslaire / Personnages

C’est l’idée de Jean-Claude (Carrière). Alors que Robespierre inaugure le premier museum de la Nation (le Louvre), le vieux peintre Fragonard erre dans les Galeries, en auscultant avec mélancolie les chefs-d’oeuvre de l’Ancien régime. Les temps sont à l’éloge de la beauté classique et virile, incarnée par David et ses élèves Girodet, Gros et consorts. Mais lui s’extasie encore devant le « pinceau efféminé » de Boucher, tant décrié par la nouvelle vague de l’époque. C’est là toute l’humanité de Jean-Claude : rappeler que de tous temps, il y a eu des artistes à la mode et d’autres qui l’ont été, mais qu’il est de bon ton d’oublier. Et à chaque fois, un secret d’artiste se perd dans l’aventure, un autre se découvre. Il n’y a pas de progrès dans l’Art, mais chaque génération croit le réinventer, en condamnant ce qui l’a précédé. Est-ce si différent en BD ?

 

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