posted on 07 décembre 2007 à 18:30 par Yslaire / Albums 3 pages de mise en scène de Hugo & Iris 2. J'observe que de plus en plus je définis les attitudes et les expressions des personnages. Pour celles qui suivent j'ai fait deux variantes de la même scène, angles de vue différents. Cela ressemble même souvent à des esquisses de crayonné (il m'est arrivé d'encrer certaines planches sur des bases similaires). Comme quoi, le jeu d'acteur, l'expression muette des corps et des figures, et l'ambiance générale m'apparaissent chaque jour plus déterminants pour raconter une histoire. Il est vrai aussi que, pour moi, si écrire c'est d'abord écouter parler mes personnages, les dessiner en situation me permet de vérifier si le ton des dialogues sonne juste ou non. Comme une partition de musique a besoin d'être jouée, même grossièrement, pour trouver son souffle définitif. Dans une scène d'étreinte amoureuse, le ressenti est évidemment tributaire du cadrage, de la pose des corps et de ces minuscules détails qu'un scénariste traditionnel (c'est-à-dire qui ne dessine pas) est obligé de décrire avec des mots, en espérant qu'ils seront traduits par le dessinateur en une image lisible des intentions. C'est ma chance. Je vois ce que j'écris. 


posted on 26 novembre 2007 à 18:43 par Yslaire / Evènements …chercher les dessins pour l’expo dans ses lieux à Paris. Il a fait son choix. Ne montrer que le meilleur est sa devise. Finalement, j’aurai réalisé une quinzaine d’illustrations inédites grands formats, à l’encre de chine sépia principalement, (et abandonné quelques toiles. Ce n’était pas encore l’heure..) dont dix auront été retenues. Et j’avoue avoir pris du plaisir à dessiner tout à la main. Ici, quelques exemples refusés pour l’expo. Trop succincte, celle-ci. Faite au bic anecdotiquement… 
posted on 20 novembre 2007 à 10:46 par Yslaire / Auteur Evidemment, le titre est un peu provocant. Cela fait tout de suite recherche de sensationnel, scoop journalistique. Mais c’est pour débuter l’article. Tout le monde le sait, Jean-Claude Carrière est connu pour ses talents de scénariste de cinéma, d’auteur de théatre et de romans. C’est pour cette raison d’ailleurs que je lui ai proposé de travailler sur Le ciel au dessus du Louvre, mon prochain album. Le sujet est le Louvre à sa création en tant que musée, durant la Révolution française. Avec David et Robespierre dans les rôles principaux.
On le sait moins, Jean-Claude a toujours aimé la BD (…comme beaucoup d’autres choses. C’est un homme érudit et ouvert à tant de choses qu’il est rare de passer une matinée de travail sans digresser sur la philosophie, la géologie ou l’histoire de l’Iran. Le rencontrer, c’est tourner le bouton de radio-culture : il suffit de l’écouter parler, c’est un conteur-né). Et surtout, il a toujours dessiné. C’est plus fort que lui. Je le vois souvent remplir son carnet de notes de petits dessins aussi suggestifs qu’amusants. Ou m’offrir celui-ci, juste pour le plaisir, pour prendre un peu de distance avec l’hitoire tragique que nous nous sommes mis en tête d’écrire… posted on 13 novembre 2007 à 08:56 par Yslaire / Albums …est la demi-soeur d’Hugo Sambre. (C’est aussi la mère d’Hyppolite Guizot, le cousin maléfique de Sarah et Bernard, ennemi juré de Julie.) Il fallait une séquence qui montre les liens d’enfance qui unissent le seul garçon de la famille à celle que toute la famille récuse : l’enfant du premier lit du Père, seul survivant de la Révolution. Elevée avec les enfants de Constance, cette dernière l’a incidemment écartée de la bastide. Tacitement, sa présence n’est pas souhaitée à la maison familiale. Elle se cache donc, et elle rejoue une scène de son enfance pour attirer l’attention et la pitié d‘Hugo. Elle est dans l’ombre, tente de l’approcher, de se rapprocher, au propre comme au figuré. Lui, l’évite lâchement, sans bouger, pour ne trahir aucune émotion apparente. Le jeu des corps pour une fois est plus important que leurs expressions. L’ombre les découpe en silhouettes chinoises et les jeux de distance qui les séparent expriment la scène. 
posted on 31 octobre 2007 à 17:24 par Yslaire / Auteur A l’occasion de l’expo à la galerie Christian Desbois (vernissage le 29 novembre), une estampe grand format sera éditée. L’ idée est de partir d’un crayonné d’une case de Sambre IV et de le revisiter. L’originalité vient du fait que l’impression sera réhaussée au pastel et negro. Et donc offrira le compromis parfait entre la reproduction numérique de luxe et l’original-fait-à-la-main.
Quelques dizaines d’exemplaires du même dessin, mais à chaque fois uniques, puisque l’intervention sera faite main sur la reproduction… posted on 30 octobre 2007 à 09:42 par Yslaire / Albums Le prétexte était de faire une estampe pour Champaka. L’éditeur voulait une collaboration comme cela se passe sur les planches d’Hugo & Iris : pour les besoins de la mise en scène, je fais une esquisse, plus ou moins poussée (ces derniers temps, plus que moins) que Bastide et Mezil reprennent, précisent, fignolent et aboutissent avec le talent qu’on leur reconnaît. Dans ce cas, j’ai profité de l’occasion pour mettre en scène la chambre d’Iris, où quelques scènes devraient se passer dans les tomes deux et trois. J’ai briefé Vincent (Mezil) : Je voulais un hôtel de maître dans le Paris de 1830, pas trop loin de Tortoni, le lieu de rendez-vous à la mode pour une courtisane. Et Iris dans sa baignoire recevant Hugo. Vincent m’a envoyé le produit de ses recherches par le Net : une demi-douzaine de dossiers regroupant au total une centaine d’illustrations sur plusieurs hôtels de maître, le plan où les situer dans Paris, quelques exemples de chambres décorées, des salles de bains et des baignoires d’époque, quelques images d’ambiance pour s’inspirer, sans compter des documents écrits pour m’expliquer les usages de l’époque, ses préférences de choix et comment utiliser sa doc. A vrai dire, je suppose que c’est courant dans le milieu du cinéma, qui ne manque pas de budgets. Mais en BD, c’est exceptionnel. Tant de doc pour une seule image. Voilà bien le luxe qu’offre le travail en équipe. 
Inutile de dire aussi que cela motive. J’ai pu me concentrer sur la composition de l’image et répondre à la principale question du metteur en scène. Que dois-je montrer ou cacher au spectateur ? J’avais imaginé Iris dans un bain, tenant le crâne préhistorique que lui apportait Hugo. Elle, coquette, dénudée dans sa baignoire, a le regard provocant de la jeunesse qui se croit éternelle. Lui, derrière elle, attend son assentiment ou sa reconnaissance, divisé intérieurement. Il lui apporte des roses rouges (comme le veut le scénario du tome 2), son « sésame » pour entrer chez la courtisane. Quelques autres roses traînent par terre, déjà fanées, témoignant par là qu’il n’est pas le premier dans cette chambre, que sa visite est éphémère. Chaque élément en apparence anecdotique, se doit de renforcer le propos, symboliquement, émotionellement, comme autant de variations sur le thème principal, l’inconscience de la jeunesse face à l’inéluctable. L’éphémère et l’éternel… En chemin, pourquoi ne pas s’arrêter sur le lit qui copie celui de l’impératrice Marie-Louise à Malmaison. Et on imagine aisément le désir de l’ambitieuse jeune fille, qui se voit déjà à la place de la femme de Napoléon (à l’époque, le romantisme naissant se réfère à bonaparte), et qui, inconsciemment, rêve de postérité. Mais Iris doit-elle regarder en coin Hugo ? Et Hugo, doit–il se refléter dans la psyché au fond de la chambre ? Son dédoublement ne serait-il pas la marque de sa folie naissante et qu'Iris amplifie ? Voilà pourquoi, plusieurs esquisses sont nécessaires.  posted on 21 octobre 2007 à 22:47 par Yslaire / Auteur …Est le nom de la gare centrale de Bruxelles. J’en ai dessiné l’entrée dans les premières pages du Ciel au-dessus de Bruxelles [après]. Et pour cause. Cela fait dix ans qu’un projet de rénovation de cet immeuble de Horta a été engagé. Et à ce propos, l’architecte Francis Metzger m’a demandé de réaliser un projet de décoration des murs des quais de la station. 600 mètres de long. Un projet public avec ce que cela comporte de réunions informelles ou officielles, de communication billingue (on est à Bruxelles), d’études techniques, de budgets, de lenteur administrative (si les usagers savaient le temps que l’on passe à imaginer l’espace pour eux, ils seraient surpris).
Un marathon… qui touche à sa fin. Vendredi, avec l’aide de Nico et 3 pommes (surnom d’Olivier), quelques essais de projection de dessins ont été effectués in situ, sur les murs du perthuis, au milieu des trains. Test réussi. Bonne nouvelle, si tout va bien, dans six mois, l’inauguration aura lieu. On en reparlera. Au moins sur ce site. J’oubliais. Devinez pourquoi c'est mon destin de travailler pour cette gare ? Ah bon, vous ne saviez pas que le (saint) patron de Bruxelles était un ange ? posted on 09 octobre 2007 à 14:29 par Yslaire / Albums Dans cette scène, je me suis attardé à marquer dès la première case la distance séparant Hugo de sa famille. La suite ne nécessitait que le minimum de changements de plans pour traduire au mieux le naturel que tente de jouer Hugo. La deuxième page, tout en respectant le même code que la première, se termine par des regards de haine des trois soeurs. Comme le refrain d’un thème qui va crescendo durant les trois tomes de Hugo et Iris. Ce conflit de famille, que ressent Hugo intérieurement s’exprime extérieurement d’abord par des regards muets et insistants. C'est une guerre psychologique tacite qui va mener progressivement Hugo à la folie. De là l’exagération des ces regards récurrents, effrayants. C’est ce qu’il va bientôt nommer la guerre des yeux. Mais avant d’y arriver, et pour rendre l’impact plus violent encore, toutes les cases qui précèdent les deux dernières, les personnages ont les yeux fermés ou baissés. Comme si ils cherchaient à éviter de s’affronter. Quant à Hugo, comme pour lui, la vérité est dans les yeux, quand il joue l’idiot et qu’il « fait semblant », il garde les paupières closes.  
posted on 05 octobre 2007 à 13:16 par Yslaire / Auteur …Est la traduction du titre originel en allemand des ailes du désir de Wim Wenders : "Der Himmel über Berlin". C’est aussi celui d’un projet dont j’ai écrit quelques pages, et qui a généré l’écriture du Ciel au-dessus de Bruxelles. Reste que le Ciel au-dessus de Berlin est un projet concret qui n’a pas été abandonné et sera réalisé tôt ou tard (mais pas avant le tome 6 de Sambre). On y retrouvera Jules en 1945, au sortir de la guerre, et avant la construction européenne. Et puis surtout un certain Goetz von Gotha, dont le nom rappelle celui d’un comparse de Werner & Charlotte, un chevalier teutonique. En attendant, j’ai passé le week-end dans la capitale allemande avec des amis. Et opportunément, j’ai fait quelques photos de cette ville envoûtante. Je ne pouvais éviter de faire celle d’un ciel au dessus de Berlin. 
posted on 04 octobre 2007 à 11:01 par Yslaire / Evènements Christian Desbois est passé à Bruxelles, chercher des originaux pour l’expo fin novembre. En définitive tout ce qui sera exposé sera vendu. Outre des planches de Sambre V, et de XXeciel.com, je vais donc réaliser des illustrations de Sambre et du Ciel au-dessus de Bruxelles, au pinceau/lavis sur carton fort et negro/acrylique sur toiles grand format. De « vrais » originaux comme disent les collectionneurs, ou tout a été fait « à la main ». A noter qu’il y aura en sus des tirages rehaussés au pastel, pour honorer le titre de cette expo. Un auteur pluriel. En d’autres mots, comment varier les techniques, les marier, ou les décliner, sans tabou ni complexes. Je persiste à penser que l’organisation d’un cerveau n’est pas structurée comme la ligne claire, mais comme un chaos d’ou surgit la lumière. Tant pis pour les apolliniens, bonjour les dyonisiaques! |
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