Du danger des suites

La guerre des Sambre

 

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 « C’est au moment de la sortie du tome deux de Sambre que j’ai dessiné le premier arbre généalogique de la famille. En remontant le temps et en imaginant la vie des ancêtres, je cherchais une origine à la folie familiale. Depuis chaque nouveau chapitre relançait l’envie de donner des prémices à cette saga. Et surtout de donner corps à cette fameuse « Guerre des yeux » que chacun des personnages de la série évoque constamment mais que personne n’a jamais lue. Avec les années cela s’est mué en un gigantesque projet s’étalant de la Révolution Française à la Préhistoire. Sept Synopsis de chacun 3 albums minimum. Faites le compte et comparez au rythme de sortie des Sambre : ce projet n’était réalisable qu’en m’associant à d’autres dessinateurs. »
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Tout le monde connaît le danger des suites, genre « la jeunesse de… ». La reprise par d’autres d’un même univers s’apparente le plus souvent au clonage avec ce que cela comporte d’affadissement général, de perte de qualité. Or je ne voulais d’aucune manière renoncer à mon ambition d’auteur. La guerre des Sambre est le prolongement de Sambre et à ce titre elle se doit de faire partie de l’œuvre. Dès le départ, je me suis juré de ne démarrer qu’à la condition de trouver des dessinateurs susceptibles de s’investir suffisamment pour éviter le travail de commande et faire de chaque cycle une oeuvre d’exception. Les ancêtres des Sambre se devaient d’avoir un air de famille sans être des clones. Voilà le vrai défi. J’ai eu de la chance. Je suis tombé sur deux jeunes prodiges. »

 
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« Ma position ressemble à un compositeur-chef d’orchestre qui ferait jouer sa partition à de jeunes solistes. Ou plutôt à celle d’un metteur en scène, qui écrit, dirige et met en scène ses « acteurs », les dessinateurs. Tant il est vrai que la guerre des sambre ressemble à une super-production… Car mes deux jeunes collaborateurs partagent avec moi le gout des nouvelles techniques: décors en 3D , palettes informatiques, séances de poses photographiées,…. Chaque étape de travail fait l‘objet d’un échange de mails, et donc d’un dialogue fécond , ou la priorité est donnée à la cohérence de la série, à la narration. »

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« Parallèlement à un scénario écrit, je dessine des esquisses relativement poussées de la page pour donner une meilleure idée de la scène, des réactions muettes des personnages. L’essentiel de l’émotion passe à mes yeux le plus souvent par les silences, les non-dits des personnages. Le jeu muet des acteurs traduit leur psychologie par leur expression d’abord, mais aussi par leur position dans le décor, par les cadrages enfin. Ces indications donnent ainsi la possibilité à Jean et Vincent de se concentrer sur la qualité visuelle. Je suis particulièrement ébloui par leur mise en couleurs et leur perfectionnisme dans la documentation.
Ils rendent hommage aux peintres figuratifs du siècle passé et rappellent, à l’inverse de la mode actuelle, que la bande dessinée peut aussi flatter les yeux. »