ciellouvre_t1_couv.JPGLe ciel au-dessus du Louvre

En collaboration avec Jean-Claude Carrière
13 novembre 2009
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Une collaboration inédite, entre Bernar Yslaire, auteur de Sambre, du XXe Ciel, du Ciel au-dessus de Bruxelles ou récent scénariste de La Guerre des Sambre, et Jean-Claude Carrière, scénariste de Bunuel, Wajda, Forman ou Louis Malle au cinéma, mais aussi dramaturge, romancier, comédien. Immense homme de lettres. Le quatrième album co-édité par Futuropolis et Le Louvre fera incontestablement date. Son casting est déjà un événement. Mais au-delà de l’accolement de deux grand noms, Le Ciel au-dessus du Louvre est surtout une plongée dans la Révolution Française sous un angle totalement inédit : celui de la représentation de la Révolution.

Août 1793. Le Louvre vient d’être inauguré. Premier musée de la Nation, il est destiné à recevoir les œuvres révolutionnaires. Pour être sûr qu’elles seront présentes sur les murs, rien de mieux que d’accueillir en son sein les peintres "officiels". Ils y possèdent leur atelier. Ils cherchent une facture neuve, hardie, audacieuse, en rupture totale avec l’art de l’Ancien Régime symbolisé par Fragonard. Il faut montrer que l’Histoire est en marche. David, peintre emblématique de Marat assassiné, député à la Convention et membre du comité de Sûreté publique, se veut leur chef de file. Mais Girodet lui vole pour l’heure la notoriété. Homme de pouvoir, il va se lancer dans une révolution, lui aussi, à l’échelle de son art.  

A la demande de son ami Robespierre, David tente de créer le tableau le plus difficile à réaliser de sa carrière. Donner un visage à l’Etre Suprême, sorte d’incarnation de l’aspiration à la spiritualité que Robespierre veut imposer en plein milieu de la Terreur. Il n’y parviendra jamais. L’entreprise est vaine. Mais elle nous vaut un face à face entre deux acteurs majeurs de la Révolution qui se déroule à toute vitesse, en vingt très courts tableaux.  

Jean-Claude Carrière avait déjà magistralement abordé le sujet de la Révolution dans le film « Danton » de Wajda. Mais son regard, confronté à celui de Bernar Yslaire, renouvelle le sujet. Robespierre apparaît à la fois éclairé et perdu, tandis que David accomplit son destin : celui d’un peintre tiraillé entre devoir et art.  
Un livre sur un tableau inachevé qui traverse à lui seul tous les thèmes et les débats de la Révolution Française. Une page d’Histoire revue, corrigée, interprétée, et assaisonnée comme il se doit de plumes d’ange, qui plonge le lecteur dans les grandes questions auxquelles notre temps n’a pas davantage répondu que la Révolution Française.

Je me suis souvenu du film Danton de Wajda. Le soin apporté à la reconstitution historique, et surtout psychologique, de ces personnages célèbres que sont Danton, Robespierre, Desmoulins et les autres, m’avait impressionné. Et puis, avant de le connaître, Jean-Claude était déjà pour moi un maître-scénariste, un père spirituel. Il y a des films que j’ai été voir parce qu’il en avait signé les textes. Je retrouve à chaque fois un savant mélange de réflexion existentielle sur l’homme, spirituelle et lucide, et de dramaturgie pudique et envoûtante. C’est un véritable conteur d’histoires, au sens noble du terme. A chaque rencontre, je pourrais me contenter de l’écouter. La première fois au restaurant, après une demi-heure, il était déjà en train de réinventer le synopsis que je lui proposais. Il a trouvé la fin le premier jour. Pour moi, c’est une collaboration magique.


Récit de Jean-Claude Carrière et BernarYslaire
Dessin et couleurs de Bernar Yslaire
A paraître le 13 novembre 2009