posted on 26 novembre 2009 à 12:45 par Yslaire / Albums

Pour le lancement du ciel au-dessus du Louvre, Futuropolis a organisé une rencontre entre Jean-Claude Carrière et moi-même à son domicile parisien, où Thierry Bellefroid, célèbre journaliste belge, menait l'interview croisée. Vous pouvez en lire le compte-rendu écrit ici, ou visionner sur ce blog les vidéos légèrement montées. Huit courtes séquences qui se suivent et une longue intégrale seront publiées en tout.

 

 

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posted on 16 novembre 2009 à 23:41 par Yslaire / Auteur

Cela fait 10 ans que le projet a été lancé. Décorer les quais de la Gare Centrale de Bruxelles. Des murs de minimum 150 m de chaque côté de la salle des quais. Bien entendu, en 10 ans, même si je n’y ai pas travaillé tous les jours, le projet a beaucoup évolué. Les techniques d’exposition, surtout. Des fresqes murales, on est passé à des tôles émaillées, à des impressions numériques sous verre et rétro-éclairées, puis à des projections murales, genre diapos, et maintenant des séquences graphiques animées sur écrans LED. 30 écrans de trois mètres sur quatre sont envisagés aujourd’hui. Du jamais vu dans une gare européenne.

Voilà à peu près ce à quoi cela pourrait ressembler... Sous réserve de l'acceptation du projet en cours.

 

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posted on 13 novembre 2009 à 10:59 par Yslaire / Auteur

Jean-françois Moyersoon, qui dirige Marsu Productions, m’a demandé une illustration du Marsupilami. A ma sauce... A ma grande honte, il m’a fallu pas mal de temps pour répondre à sa demande. Franquin est sans doute pour tout le monde le seul génie à rivaliser avec Hergé, et pour beaucoup de dessinateurs, un "père spirituel", comme aimait à le définir Moebius. Celui qui ouvre la voie... et entraîne derrière lui beaucoup de suiveurs. Aujourd’hui encore, il m’arrive de me souvenir de certaines de ses leçons. "Méfiez-vous de la virtuosité, Hislaire"  disait celui-là même qui, a mes yeux, en était le plus brillant contre-exemple. Charles Dupuis l’utilisait un peu malgré lui comme directeur artistique de Spirou. Il n’était pas rare que le Rédacteur en chef de Spirou lui demande son avis à propos des nouveaux jeunes dessinateurs. André s’acquittait conscienscieusement de sa tâche tout en se défendant d’avoir la science infuse. Il était particulièrement généreux de ses conseils... Bref, rendre hommage à cet immense dessinateur que j’ai eu la chance de croiser, ne fut pas aisé. D’autant que mon univers semble particulièrement éloigné du sien. Finalement, j’ai trouvé un espace commun de tendresse et de gentillesse, à travers cette confrontation pensive de Bernard Sambre et du marsupilami, l’un singeant l’autre. J’aime croire qu’il aurait au moins apprécié l’intention...

 

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posted on 03 novembre 2009 à 14:12 par Yslaire / Albums

...se situe dans le prolongement des précédentes. Deux portraits et deux yeux en très gros plan. Si l'on en croit La guerre des yeux, la théorie d'Hugo, l'âme de chacun (et son destin) se révèle au plus profond d'un regard. Chaque lecteur peut donc y lire toute l'histoire de ce personnage. Et à votre avis, Hugo est-il fou ? 

 

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posted on 29 octobre 2009 à 12:15 par Yslaire / Albums

...au-dessus du Louvre sucite d'étranges réactions. Un journaliste français, à qui on avait fourni en preview l'album, m'a félicité pour mon coup médiatique si bien orchestré : sortir ce livre au moment de la polémique Mitterrand (!).
Rappelons les faits : dans son livre La mauvaise vie, le ministre français actuel de la Culture est accusé par l'extrême droite (et une partie des socialistes) de faire l'apologie du tourisme sexuel en Thaïlande. Sous-entendu : de la pédophilie et du commerce d'enfants. Et tout cela, suite à sa défense du cinéaste Polanski, lequel est accusé de viol de mineure aux USA (à l'époque la victime avait 13 ans, et il est à noter qu'à cet âge, personne ne peut prétendre être consentant sexuellement. Un adolescent qui a des relations sexuelles avec une personne majeure est toujours violée selon la loi.)

Bref, je découvre qu'un livre initié il y a plus de trois ans, peut rejoindre l'actualité. Pour un peu, on me taxerait d'opportunisme. Quant à David qui, peut-être, appréciait les jeunes éphèbes de 13 ans, puisqu'il a fait le tableau très équivoque de Bara pendant la Révolution, ne pourrait-il pas être l'objet d'un procès deux cents ans plus tard, pour atteinte aux bonnes moeurs ? Si l'auteur d'un livre est attaqué aujourd'hui comme coupable de mauvaises intentions, ne faut-il pas condamner également le peintre d'un sujet aussi scabreux ? Et pourquoi pas les auteurs de ce Ciel au-dessus du Louvre, qui entretiennent ces fantasmes pédophiles et les mettent en scène ? Surtout le dessinateur qui a dû prendre un plaisir malsain a dessiner ce garçon de treize ans, nu ?

Ce qui est certain, c'est que la chasse aux sorcières est toujours d'actualité. A quand le retour de l'Inquisition ?

 

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posted on 15 octobre 2009 à 19:23 par Yslaire / Auteur

J’ai fini et terminé deux livres coup sur coup. Le Ciel au–dessus du Louvre avec Jean-Claude Carrière paraîtra en novembre (le 13, si j’en crois le site futuropolis.fr), et le cycle Hugo & Iris arrive à son terme avec le 3ème et dernier chapitre. C’est la fin aussi de deux collaborations qui ne me laissent que de bons souvenirs... Avec un peu de nostalgie... Zut. C’était trop court. J’aurais voulu que cela dure plus longtemps. 

Un livre terminé, c’est toujours un moment d’euphorie. Je suis comme un moteur diesel, à la fin  d’un album, comme un cheval qui sent l’écurie ; ma production s’accélère, je suis presque en transe, je dessine de plus en plus vite. Je suis "dedans", en apnée. Il y a une forme d’ivresse des profondeurs (de la psyché) qui me donne envie de ne pas remonter, un sentiment de puissance, lié à ma productivité, à la distance de plus en plus courte entre l’élaboration d’un dessin et sa réalisation. Et puis il y a un sentiment général de libération, qui fait suite à une très longue tension, un accouchement (comme on dit souvent). Ce qui inévitablement annonce un retour de flamme, un petit "baby-blues".

Allez, je m’y remets. Vite, un nouveau projet !

posted on 29 août 2009 à 14:34 par Yslaire / Albums
Comme pour le précédent tome, en exclusivité sur ce site et avant parution en album (en novembre), vous avez la possibilité de suivre le feuilleton du troisième et dernier tome de Hugo & Iris, à raison d'une planche tous les deux jours. Pour garder la fraicheur de la parution en couleurs, et aussi pour montrer autre chose, ce sont mes esquisses de mise en scène qui sont présentées en regard des planches au trait réalisées par Bastide et Mezil. Tout le dialogue graphique entre eux et moi. De l'intention à la finalisation. Un peu comme si vous pénétriez dans les coulisses de la création d'un album. Bonne lecture…
posted on 30 juin 2009 à 10:03 par Yslaire / Auteur

090630_1.JPGComme il est écrit dans Wikipedia, L'ordre des Arts et des Lettres est une décoration honorifique française qui, gérée par le ministère de la Culture, récompense « les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde. » Cet ordre tire son prestige de deux éléments essentiels : d'une part de la qualité de ses membres, d'autre part de contingents annuels extrêmement réduits. 

Et si je vous dis ça, c’est parce que le 14 mai, l’Ambassadeur de France à Bruxelles, représentant la ministre de la Culture Française Christine Albanel, m’a nommé chevalier des Arts et des Lettres. La cérémonie avait été organisée en l’honneur des 40 ans des Editions Glénat. Autres récipendiaires, le même jour : Hermann, Dufaux, Jean-François Charles, Gos, et Griffo. Tous belges  forcément émus d’avoir été honorés par la France, même si selon la citation de Paul Henri Spaak (attribuée à Churchill selon l’Ambassadeur), une décoration cela ne se demande pas, cela ne se refuse pas, cela ne se porte pas

Il est vrai que la médaille accrochée à votre costume (qu’elle troue) vous fait immédiatement ressembler à un général soviétique.(ou à un arbre de noël, selon d’autres) D’ailleurs chacun des auteurs promus sortant de l’Ambassade, s’est empressé de la glisser dans sa poche. Ce qui n’empêche pas d'être fier, sans fausse modestie.

 

 

 

 

 

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posted on 18 mai 2009 à 09:34 par Yslaire / Albums

Marc-Antoine est son prénom, mais tout le monde dit Marc. Cela fait donc six mois qu’il s’est attaqué au deuxième cycle de La guerre des Sambre et il est bourré de talent. Je  connaissais de lui Chéri-Bibi chez Delcourt et plus récemment Endurance (les deux projets en collaboration avec Bertho), où il montrait déjà des réserves de sensibilité et des ambitions de metteur en scène. Dans cet exercice difficile qu’est l’interprétation d’un thème connu (une histoire d’amour tragique à la "Sambre") et déjà arpenté par d’autres auteurs (Bastide et Mezil), j’ai l’impression qu’il va se surpasser.

Rappelons que chacun des personnages de ce nouveau cycle est un ancêtre de Sarah, Bernard et Julie Sambre, et se doit de les rappeler graphiquement, sans en être la photocopie. C’est le propre des portraits dans une même famille : tous ont des airs de ressemblance mais, de leurs différences justement naît leur personnaité. En guise de préambule quelques croquis des personnages principaux. Il est amusant déjà de pouvoir en comparer sa vision avec celle qu’avait donnée Griffo précédemment. Sachant que tous deux sont partis des mêmes croquis que je leur avais envoyés et qui ont été exposés ici.

 

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posted on 16 avril 2009 à 13:58 par Yslaire / Evènements

Dans le cadre prestigieux des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, l’exposition Regards Croisés de la BD belge présente, au travers du regard de 20 auteurs belges contemporains, cent ans de bande dessinée, mettant en évidence les liens entre l’école belge et les grands courants de la bande dessinée mondiale. L’approche choisie est transgénérationnelle, multi-disciplinaire et internationale. En effet, l’exposition est composée de vingt espaces disposant chacun d’une scénographie spécifique. Chaque espace est dédié au travail d’un auteur contemporain et à son "musée personnel". Celui-ci est composé de ses lectures de jeunesse et des sources graphiques de son travail. Le musée personnel rend autant hommage aux "Anciens" de la bande dessinée belge qu’aux géants de la bande dessinée mondiale. Outre les 20 auteurs mis en lumière, plus d’une centaine d’autres sont exposés. Se trouvent ainsi entre autres aux cimaises des originaux de grands classiques américains comme Winsor McCay (Little Nemo), Alex Raymond (Flash Gordon), Schulz (Peanuts) ou européens comme Pratt (Corto Maltese) ou Tardi (Adèle Blanc-Sec).

Avec Jean Van Hamme, Raoul Cauvin, Hermann, François Walthéry, Marvano, Ptiluc, Benoît Sokal, Frank Pé, Didier Comès, Jean Dufaux, Bernard Yslaire, François Schuiten, Philippe Geluck, Midam, Philippe Tome, Johan De Moor, Her Seele, Jean-Philippe Stassen, Dominique Goblet Thierry Van Hasselt
 
Du 27 mars au 28 juin. Du mardi au dimanche de 10h à 17h aux musées royaux des beaux-arts de Belgique, 3 rue de la Régence à 1000 Bruxelles.
Le vernissage a eu lieu le 26 mars en présence des auteurs.
Voici quelques photos de l’expo, et de mon espace en particulier. Ma galerie personnelle comprend une planche d’Arzach (Moebius), Polonius (Tardi), la  femme piège de Bilal,...

 

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