posted on 16 novembre 2009 à 23:41 par Yslaire / Auteur

Cela fait 10 ans que le projet a été lancé. Décorer les quais de la Gare Centrale de Bruxelles. Des murs de minimum 150 m de chaque côté de la salle des quais. Bien entendu, en 10 ans, même si je n’y ai pas travaillé tous les jours, le projet a beaucoup évolué. Les techniques d’exposition, surtout. Des fresqes murales, on est passé à des tôles émaillées, à des impressions numériques sous verre et rétro-éclairées, puis à des projections murales, genre diapos, et maintenant des séquences graphiques animées sur écrans LED. 30 écrans de trois mètres sur quatre sont envisagés aujourd’hui. Du jamais vu dans une gare européenne.

Voilà à peu près ce à quoi cela pourrait ressembler... Sous réserve de l'acceptation du projet en cours.

 

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posted on 16 avril 2009 à 13:58 par Yslaire / Evènements

Dans le cadre prestigieux des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, l’exposition Regards Croisés de la BD belge présente, au travers du regard de 20 auteurs belges contemporains, cent ans de bande dessinée, mettant en évidence les liens entre l’école belge et les grands courants de la bande dessinée mondiale. L’approche choisie est transgénérationnelle, multi-disciplinaire et internationale. En effet, l’exposition est composée de vingt espaces disposant chacun d’une scénographie spécifique. Chaque espace est dédié au travail d’un auteur contemporain et à son "musée personnel". Celui-ci est composé de ses lectures de jeunesse et des sources graphiques de son travail. Le musée personnel rend autant hommage aux "Anciens" de la bande dessinée belge qu’aux géants de la bande dessinée mondiale. Outre les 20 auteurs mis en lumière, plus d’une centaine d’autres sont exposés. Se trouvent ainsi entre autres aux cimaises des originaux de grands classiques américains comme Winsor McCay (Little Nemo), Alex Raymond (Flash Gordon), Schulz (Peanuts) ou européens comme Pratt (Corto Maltese) ou Tardi (Adèle Blanc-Sec).

Avec Jean Van Hamme, Raoul Cauvin, Hermann, François Walthéry, Marvano, Ptiluc, Benoît Sokal, Frank Pé, Didier Comès, Jean Dufaux, Bernard Yslaire, François Schuiten, Philippe Geluck, Midam, Philippe Tome, Johan De Moor, Her Seele, Jean-Philippe Stassen, Dominique Goblet Thierry Van Hasselt
 
Du 27 mars au 28 juin. Du mardi au dimanche de 10h à 17h aux musées royaux des beaux-arts de Belgique, 3 rue de la Régence à 1000 Bruxelles.
Le vernissage a eu lieu le 26 mars en présence des auteurs.
Voici quelques photos de l’expo, et de mon espace en particulier. Ma galerie personnelle comprend une planche d’Arzach (Moebius), Polonius (Tardi), la  femme piège de Bilal,...

 

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posted on 26 décembre 2008 à 11:42 par Yslaire / Auteur

...de Bruxelles-Capitale, c’est cette version de l’Archange et le Zinneke. Vous le savez, je suis un éternel insatisfait, et je multiplie les versions avant de choisir. J’avais donc essayé de transformer les ailes de l’Archange Saint-Michel en un montage d’Iris, reprenant graphiquement le logo officiel de la ville. Puis le trouvant trop kitsch, je l’ai écarté, pour mettre en valeur le contraste animal entre l’homme-oiseau angélique et le sphinx-léopard : plus bâtard, plus zinneke, à mon goût. Symbolisme, quand tu nous tiens... 

 

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posted on 19 décembre 2008 à 13:16 par Yslaire / Evènements

Pour les 20 ans de Bruxelles-Capitale, la région a demandé à 20 artistes de Bande dessinée de faire une illustration sur le thème de... Bruxelles. Avril, De Crecy, Schuiten, Vermeulen, Van Hasselt, Juillard, Dominique Goblet, Berthet, Loustal, Bravo, Cédric Manche, Sacha Goerg, Renaud Colin, Gotting, Geerts, Vincent Mathy, Merveille, Régis Lejonc , Johan De Moor et moi-même. Chacune de ces oeuvres sera reproduite dans la ville, puis regroupées dans un livre. Je l’ai intitulée L’Archange et le Zinneke. Voici ce que j’ai écrit à ce sujet, pour commenter mon envoi...

Evoquer Bruxelles, donner une image de mon lieu de naissance, c'est comme parler de ma mère. C'est tellement intime... Un cortège de souvenirs épars, de fragments de vie, de sensations baroques... Comment résumer l'odeur des baraques à frites après la pluie, le moyen-âge au coin de la rue et un ciel aussi bas que la lumière y est rare. Des femmes voilées promenant leur chien sans race devant Manneken Pis, battant le pavé mouillé d'une capitale européenne qui n'en a pas tout à fait le titre, mais la fonction, d'une région qui en a le nom, mais pas tout à fait la fonction. Toute la  poésie de l'à peu près, du presque et du "half en half".

Bruxelles, ma ville... J'y suis né, en plein centre, sous l'aile d'un archange terrassant le dragon, presqu'en même temps que la Communauté Européenne. Saint Michel, patron de la ville, n'a d'ailleurs jamais vaincu le dragon. Car leur combat éternel est celui d'un couple marié contre nature, au sommet de l'hôtel de ville. Ici, on ne s'envole pas, on apprend à vivre "avec".

Aujourd'hui que j'ai perdu la foi chrétienne, que je travaille avec des parisiens, je comprends enfin que le surréalisme est une invention belge confirmée par son bilinguisme et sa multiculturalité. Que le mystère de ma ville ne se dévoile qu'à ceux qui l'ont quittée. Que si impossible n'est pas français, il est politiquement bruxellois. Que le mot bâtard se dit ici zinneke, et que je suis fier d'en être un. Même si c'est un honneur intraduisible. Que le chef-d'oeuvre de l'Art nouveau, le palais Stoclet, ne se visite pas. Que son maître d'oeuvre a préféré un viennois nommé Gustav Klimt pour le décorer, plutôt que son chef de file bruxellois, Fernand Khnopff. Que saint Michel ne s'est toujours pas envolé, et qu'actuellement, peut-être assagi, il pactise avec son vieux démon.

Voilà pourquoi j'ai voulu rendre hommage à Khnopff, à mes yeux le plus emblématique de nos peintres. Je me suis inspiré de son tableau Des Caresses, ou l'Art, ou le Sphinx, de sa facture symbolique, mystérieuse et alchimique, qui rend les décors indéchiffrables autant que le sujet. Pour perpétuer la confusion de sens, l'archange a pris la place de l'androgyne, alors que le dragon s'est métamorphosé en un sphinx moderne, aussi mystérieux pour nous aujourd'hui que la jeune immigration, par les questions qu'elle nous pose sur notre futur. En bon bruxellois, j'ai rajouté une mosaïque "d'architextures" improbables en mélangeant des techniques opposées, photo et dessin, ordinateur et pinceau, matières et vides, imaginaire et réel. Car si Dick Annegarn ne l'avait pas chanté, je le confirme: Bruxelles, ma belle, Babel, bilingue et baroque, est d'abord la capitale des Zinneke.

 

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