posted on 26 novembre 2009 à 12:45 par Yslaire / Albums

Pour le lancement du ciel au-dessus du Louvre, Futuropolis a organisé une rencontre entre Jean-Claude Carrière et moi-même à son domicile parisien, où Thierry Bellefroid, célèbre journaliste belge, menait l'interview croisée. Vous pouvez en lire le compte-rendu écrit ici, ou visionner sur ce blog les vidéos légèrement montées. Huit courtes séquences qui se suivent et une longue intégrale seront publiées en tout.

 

 

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posted on 29 octobre 2009 à 12:15 par Yslaire / Albums

...au-dessus du Louvre sucite d'étranges réactions. Un journaliste français, à qui on avait fourni en preview l'album, m'a félicité pour mon coup médiatique si bien orchestré : sortir ce livre au moment de la polémique Mitterrand (!).
Rappelons les faits : dans son livre La mauvaise vie, le ministre français actuel de la Culture est accusé par l'extrême droite (et une partie des socialistes) de faire l'apologie du tourisme sexuel en Thaïlande. Sous-entendu : de la pédophilie et du commerce d'enfants. Et tout cela, suite à sa défense du cinéaste Polanski, lequel est accusé de viol de mineure aux USA (à l'époque la victime avait 13 ans, et il est à noter qu'à cet âge, personne ne peut prétendre être consentant sexuellement. Un adolescent qui a des relations sexuelles avec une personne majeure est toujours violée selon la loi.)

Bref, je découvre qu'un livre initié il y a plus de trois ans, peut rejoindre l'actualité. Pour un peu, on me taxerait d'opportunisme. Quant à David qui, peut-être, appréciait les jeunes éphèbes de 13 ans, puisqu'il a fait le tableau très équivoque de Bara pendant la Révolution, ne pourrait-il pas être l'objet d'un procès deux cents ans plus tard, pour atteinte aux bonnes moeurs ? Si l'auteur d'un livre est attaqué aujourd'hui comme coupable de mauvaises intentions, ne faut-il pas condamner également le peintre d'un sujet aussi scabreux ? Et pourquoi pas les auteurs de ce Ciel au-dessus du Louvre, qui entretiennent ces fantasmes pédophiles et les mettent en scène ? Surtout le dessinateur qui a dû prendre un plaisir malsain a dessiner ce garçon de treize ans, nu ?

Ce qui est certain, c'est que la chasse aux sorcières est toujours d'actualité. A quand le retour de l'Inquisition ?

 

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posted on 15 octobre 2009 à 19:23 par Yslaire / Auteur

J’ai fini et terminé deux livres coup sur coup. Le Ciel au–dessus du Louvre avec Jean-Claude Carrière paraîtra en novembre (le 13, si j’en crois le site futuropolis.fr), et le cycle Hugo & Iris arrive à son terme avec le 3ème et dernier chapitre. C’est la fin aussi de deux collaborations qui ne me laissent que de bons souvenirs... Avec un peu de nostalgie... Zut. C’était trop court. J’aurais voulu que cela dure plus longtemps. 

Un livre terminé, c’est toujours un moment d’euphorie. Je suis comme un moteur diesel, à la fin  d’un album, comme un cheval qui sent l’écurie ; ma production s’accélère, je suis presque en transe, je dessine de plus en plus vite. Je suis "dedans", en apnée. Il y a une forme d’ivresse des profondeurs (de la psyché) qui me donne envie de ne pas remonter, un sentiment de puissance, lié à ma productivité, à la distance de plus en plus courte entre l’élaboration d’un dessin et sa réalisation. Et puis il y a un sentiment général de libération, qui fait suite à une très longue tension, un accouchement (comme on dit souvent). Ce qui inévitablement annonce un retour de flamme, un petit "baby-blues".

Allez, je m’y remets. Vite, un nouveau projet !

posted on 25 février 2009 à 14:42 par Yslaire / Evènements

...de cases exposées, avec toutes leurs étapes au Louvre.  Ici la version finie de l'esquisse reproduite précédemment sur ce blog. Cela reste dessiné, volontairement esquissé, pour mieux faire sentir la vie avec son côté inachevé, l'imperfection des humains par opposition à la peinture de David et de ses élèves, qui m'est toujours apparue figée et parfaite, académique et idéale, éternelle et morbide à la fois. Ce genre d'artiste a voulu certainement se transcender, se sublimer pour mieux oublier ses disproportions naturelles. Il y a là quelque chose de prométhéen et de caricatural à la fois... Quant aux dialogues de Jean-claude (Carrière), je pense qu'ils émanent de discours véritablement prononcés par les intervenants et qui démontrent bien toute l'arrogance et l'aveuglement de l'Art officiel, propre à chaque époque. Savoureux, non?

 

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posted on 16 février 2009 à 09:27 par Yslaire / Evènements

...au Louvre. Le montage présenté est évidemment plus long, ici c’est un petit extrait (accéléré 15 fois) pour donner un avant-goût. Et puis, cela fait si longtemps que je promets de montrer ce type de vidéo sur le blog...

 

 

posted on 27 janvier 2009 à 12:24 par Yslaire / Evènements

Comme prévu, l’exposition s’est ouverte mercredi, en présence des journalistes et des personnes invitées au vernissage. A mon sens, c’était une réussite. Reconnaissons d’abord que la bande dessinée qui rentre au Louvre, c’est une grande première. Première modeste, certes, car 4 auteurs c’est peu pour représenter toute la BD, mais c’est un début. C’est aussi un dialogue instauré entre un art majeur, la peinture et un medium souvent méprisé. Une (petite) passerelle lancée entre les grands maîtres classiques et quelques derniers représentants du dessin figuratif. C’est symbolique donc et il n’y a pas lieu d’en rougir.

Ensuite la scénographie intimiste de Marc-Antoine Mathieu met en valeur les planches autant que les écrans. L’athmosphère inspire la confidence, ce qui reste à mon avis le but avoué de n’importe quel auteur de livres. Et puis, conceptuellement le making-of en live de ce ciel au dessus du louvre, c’est rappeler modestement qu’il y a deux cents ans, ces murs abritaient des ateliers d’artistes vivants, dont les tableaux exposés aujourd’hui ne sont que le reflet de la vie d’une époque. 

Dans cet esprit, j’ai pris beaucoup de plaisir à dessiner en public. Je l’ai vécu sans doute comme un musicien rock, improvisant en concert sur un air connu, des variations graphiques reproduites sur écran. C’était mon défi et ma fierté pour répondre à cette peur d’exposer dans le plus grand musée du monde : tous les peintres exposés sont morts et appartiennent au passé...  Moi,  je présente un album présent et futur (puisqu’à paraître), une création vivante puisqu’animée sur trois écrans, virtuelle et éphèmère. En d’autres mots, je tente d’éviter toute compararaison avec les chefs-d’oeuvre de la peinture. Je suis au 21ème siècle et j’assume.

Même si cela paraît intellectuel et gratuit, ce genre de pensée me réjouit, car cela me prouve à chaque fois que même dans les cas d’exposition de travaux finis (c’est quoi d’autre une expo?) il y a toujours matière à innover. C’est là mon vrai plaisir : inventer chaque fois qu’il est possible, bousculer l’ordre établi, réinventer le monde, dans ce cas tenter de faire de cette expo, un spectacle, faire bouger « vivre »  mes dessins.

C’est vrai, pour moi, le chemin pour y parvenir ne fut pas aisé. Cela m’a demandé beaucoup plus d’énergie à convaincre les responsables, que si je m’étais contenté de prêter des planches, comme cela se pratique généralement dans ce genre de manifestation BD. Mais à mon sens le jeu en vaut la chandelle. Si vous passez par Paris, allez donc voir au Louvre et dites-moi si je me trompe.

Ci-joint quelques photos du vernissage et de la performance du 21 janvier.

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posted on 20 janvier 2009 à 22:08 par Yslaire / Evènements

Photo prise dans la soirée du 19 janvier, jour J-2...

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posted on 20 janvier 2009 à 00:02 par Yslaire / Evènements

...est un jour à marquer d'une pierre blanche. C'est en effet le vernissage de l'exposition Le petit dessein auquel je participe en compagnie de Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Mathieu et Eric Liberge. L'exposition sera ouverte au public dès le 22 janvier (entrée générale du musée sous la pyramide, 9€). Dans mon cas, trois écrans Apple 30' afficheront chacun des cases et des planches en formation du futur album, Le Ciel au-dessus du Louvre (en collaboration avec Jean-Claude Carrière). Sur les deux premiers, on verra une succession de séquences d'images fixes (la plupart sans texte). Une manière de voir toutes les étapes d'une page se superposer, jusqu'à l'aboutissement. Les calques photoshop décomposés dans l'ordre chronologique : l'esquisse, le crayonné, le décor, les effets de matière, la lumière et les ombres, les blancs, etc. Sur le dernier écran, des enregistrements du "making of" de quelques cases en direct. On suit le trajet du pinceau virtuel qui se promène sur l'écran Cintiq et on voit le dessin se faire sous les yeux, en temps réel. Franchement, c'est magique !


Exceptionnellement ce 21 janvier, je dessinerai sur le lieu même, en direct, une page du Ciel au-dessus du Louvre, sur tablette Wacom cintiq. (Evidemment, deux heures pour une page c'est un peu court, donc je ferai ce que je peux dans le temps imparti !)
Enfin, à partir de 18h, aura lieu le vernissage proprement dit, en présence des officiels, c'est-à-dire le directeur du Louvre, la ministre de la culture Christine Albanel, les auteurs invités, le people parisien, etc. La performance et le vernissage ne seront accessibles que sur invitation, mais il est question que je répète la performance le vendredi 3 avril, soit de dessiner en public et en temps réel, la dernière page du livre. 

posted on 12 décembre 2008 à 13:21 par Yslaire / Evènements

Le vernissage de l’exposition prévue au Louvre, intulée Le petit dessein, est fixé au lundi 19 janvier [edit : déplacé au mercredi 21]. J’y serai présent bien évidemment, en compagnie de Jean-Claude Carrière, Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Matthieu et Eric Liberge, tous auteurs d’un livre paru aux éditions du Louvre-Futuropolis associés. Dans mon cas, l’album n’étant pas paru, c’est une démarche originale qui est initiée. Il y aura trois écrans, diffusant en montage sophistiqué le making-of du Ciel au-dessus du Louvre. A savoir, une grosse partie des pages réalisées sur tablette Wacom Cintiq 21. Dans le cas de certains dessins, on verra l’évolution historique, de sa première esquisse jusqu’à sa finition, en passant par chaque étape de coup de pinceau (oui, oui, le dessin en accéléré) ou par la superposition de calques informatiques.

Clou de l’expo, il est prévu une démonstration en direct de ce travail si particulier : en clair, je réaliserai, sur place, dans le cadre prestigieux du plus grand musée du monde, une planche en live. En référence à David qui avait son atelier installé dans les murs (en-dessous de la grande galerie), et au récit qui en né, je dessinerai ce qui sera exposé ce jour-là. Un artiste vivant et créant au Louvre, cela ne s’était plus vu depuis... combien de temps ?

posted on 27 novembre 2008 à 08:22 par Yslaire / Evènements

Dans le cadre de la collection Futuropolis-le Louvre, trois livres sont d'ores et déjà parus, mettant en scène le fameux musée parisien. Le quatrième, Le ciel au-dessus du Louvre, devrait paraître au premier semestre prochain. D'ores et déjà une exposition regroupant les 4 auteurs BD est prévue au Louvre  entre le 19 janvier et le 20 avril. Pour l'affiche, la commande du musée a été de demander à chacun des auteurs, de dessiner... la Joconde!

Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Matthieu et Eric Liberge se sont donc prêtés au jeu. A mon avis, ils ont eu autant de difficulté que moi à aborder ce thème pour le moins rebattu. Combien de détournements du plus fameux tableau du monde ont déjà été opérés ? Je ne pouvais pas, à l'image des dadaïstes, me contenter de rajouter par provocation la houpette de Tintin au chef d'oeuvre de Vinci. C'est peut-être une bonne idée conceptuelle en matière de communication publicitaire, mais ce ne serait pas  cohérent avec ma démarche actuelle. Je me suis donc contenté en toute "humilité" d'en faire un "croquis d'après nature". Sans tenter de l'interpréter (c'est là que réside mon humilité), ma main suffisant déjà à trahir l'illustre modèle... Et il faut bien reconnaître que l'exercice est périlleux. L'illustre sourire est impossible à reproduire et reste à mon sens mystérieux. D'autant que Léonard De Vinci a passé dix ans à le peindre et le parfaire et que je n'avais qu'une journée. Bref, je ne sais que penser du résultat. Si ce n'est que j'ai répondu à la commande, qui comme d'habitude en BD a été posée en ces termes (approximatifs) : "Allez, un petit crobard, ce serait sympa pour l'affiche, hein? ". (C'est fou ce qu'on est toujours sympa nous les dessinateurs de BD !). Voilà donc le "crobard"...

 

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