posted on 23 août 2010 à 08:21 par Yslaire / Albums Voilà, l’album est bouclé. Marco a terminé ses retouches, ce qui améliore considérablement quelques scènes jugées un peu trop obscures. C'est un beau travail. Quant à moi, j’ai réalisé quatre pages d’introduction, pour mettre en perspective ce cycle dans la continuité de la Guerre des Sambre. Car Werner & Charlotte sont dans l’arbre généalogique des Sambre, les parents de Maxime-Augustin, les grands-parents de Hugo et de ses soeurs, et les arrière grands-parents de Bernard et Sarah. En termes de généalogie, c’est le premier degré d’ascendance de Maxime-Augustin. Un peu compliqué, non ? Voilà pourquoi il me paraissait utile de faire une introduction. Pour mieux comprendre le lien unissant cette histoire avec celle de Hugo & Iris... Comme l’écrivait Sigmund Freud en 1913 "Nous postulons l’existence d’une âme collective et la possibilité qu’un sentiment se transmettrait de génération en génération, se rattachant à une faute dont les hommes n’ont plus conscience ou le moindre souvenir." C’est toute l’histoire de la Guerre des Sambre... L’illustration ci-jointe est une des pages de l’intro. Le portrait d’Augustin (le borgne) est l’œuvre de Bastide et Mezil. Celui de Jeanne-Sophie est de Boidin. Et j’ai réalisé celui de Werner. 
posted on 15 août 2010 à 14:40 par Yslaire / Auteur C’était mon ami sur les bancs de l’école St Luc à Bruxelles. On s’est rencontrés comme deux parias au fond de l’atelier, tandis que les grandes figures de la classe crachaient sur la BD, et ne juraient que pour le Pop Art en général et Lichtenstein en particulier. Je lui ai fait rencontrer Jean-Marie Brouyère, puis Christian Darasse et Frank Pé, et aussi Yves Schlirf. On était toute une bande de copains, on partait dans le sud de la France, dans la maison a côté de celle des Sambre, pour dessiner tous ensemble, et on envoyait nos planches par la poste... André, Frank et moi, on formait un trio, inséparable graphiquement. On a tous a commencé à Spirou avec le rédacteur en chef Thierry Martens, puis avec Alain De Kuissche (qui n’était pas tendre avec André). On faisait l’animation du journal, quelques cartoons et des histoires complètes, parfois de courts textes surréalistes. On a tout fait ensemble. A l’époque où s’affirmait (déjà) une "nouvelle bande dessinée" adulte et parisienne, on se revendiquait comme les héritiers de Franquin, à mi-chemin entre l’humour et l’aventure : on appelait pas ça de la BD poétique ou la « nouvelle BD pour enfants », car cela n’avait pas de nom, et puis la poésie "ça n’est pas commercial, ça, la poésie. Ca manque de pollution et de mauvais sentiments" comme le répétait Martens. Combien d’heures, combien de jours, on a discuté sur un trait, sur un dessin, pour refaire le monde et réapprendre à dessiner, à inventer une "nouvelle nouvelle BD". J’avais une profonde admiration pour la gentillesse spontanée de ses dessins, son sens esthétique, et puis aussi cette capacité d’abstraction des formes humoristiques qui me fascinait. Il redécouvrait Herriman, Ungerer ou Sempé, qu’il me faisait partager. Encore maintenant, s’il avait critiqué mes dessins, son avis aurait été plus important que n'importe quel autre. On s’est disputés aussi. Car il était très colérique et moi aussi. Et puis la vie nous a séparés. Moi, j’ai grandi ; lui, peut-être pas. Avec Jean-Marie disparu il y a six mois, c’est toute une époque de ma jeunesse qui s’en va... trop tôt. Mourir à 54 ans, c’est même prématuré. Adieu André. PS : le dessin a été réalisé pour le journal Spirou. Je pense qu’il aurait aimé ce dessin. J’ai tout fait pour, en tout cas... 
posted on 15 août 2010 à 13:27 par Yslaire / Albums Comme dit précédemment, Marco a refait le dessin de la case pour la couverture et peaufiné l’illustration. Waw! ai-je dit. Ça donne envie, non ? Et comme il ne manque pas d’enthousiasme, il a essayé plusieurs fonds ou décors. Rien que pour le plaisir, je vous les montre. De quoi vous mettre l’eau à la bouche... ou plutôt la pomme. 
Les variantes ici >> posted on 23 juillet 2010 à 12:00 par Yslaire / Auteur Cela fait six mois déjà que j’aurais dû l’écrire, cet article, mais voilà. Sans doute le chagrin... En BD, Jean-Marie a été mon Père spirituel. Je l’ai rencontré à 13 ans au milieu d’une exposition de la section BD à l’institut St Luc à Bruxelles. À l’époque, Eddy Paepe y donnait cours et parmi les élèves exposés, figurait Claude Renard. C’est ce dernier qui, quelques années plus tard, a repris les cours de BD et a fondé l’Atelier R. qui verra éclore une génération de nouveaux auteurs en Belgique, comme Schuiten, Sokal, Berthet et cie... mais c’est une autre histoire. La mienne, moins connue, commence au même endroit par la rencontre avec Jean-Marie, qui me remarque (la salle était quasi déserte) et me demande : « Tu veux faire de la bande dessinée ? Viens chez moi tous les samedis, je t’apprendrai. » J’ai sauté sur l’occasion. Jean-Marie avait été l’élève de Tillieux (Gil Jourdan) et souhaitait reproduire l’expérience. Il m’a appelé Fils pendant sept ans. Je connaissais son travail, il dessinait Hippy dans Tintin et commençait Al Alo dans Spirou. Des histoire courtes humoristiques avec un humour poétique farfelu, à l’image de l’auteur et de son époque. Jean-Marie était un hippie. Plutôt que de m’apprendre à dessiner, il m’a fait découvrir la musique rock, la Beat-Generation, Alan Ginsberg, l’alcool, la drogue et Jimi Hendrix. Dès qu’il touchait sa paie de quelques planches, il m’emmenait en vadrouille dans ses périples arrosés de gentil doux-dingue, mi-voyou, mi-hippie. Je l'admirais comme un demi-dieu et je reproduisais tous ses tics de langage, je tentais d’imiter ses folies. Moi qui venais d’un milieu bourgeois, j’entrais de plain-pied dans la contre-culture et l’après 68 américain. J’ai vraiment cru que les jeunes allaient changer le monde. Un an plus tard, sous les conseils de Thierry Martens, Rédac chef de Spirou, il entame le scénario d’Archie Cash, une série réaliste et musclée, dessinée par Malik, qui connaîtra un succès public plus que critique. Ce fut un malentendu. Lui qui, plus que personne, avait préconisé l’évolution de Métal Hurlant et de la BD française, se voyait catalogué comme auteur « commercial » avec tout ce que cela avait de connotations péjoratives à l’époque. Pourtant, Jean-marie qui savait son talent incompris en BD, n’avait qu’une ambition : transmettre. Frank Pé, André Geerts, Christian Darasse pour ne citer que les plus connus sont passés par son atelier et ont profité de ses conseils, de son enthousiasme, illustré ses scénarios. Moi j’ai dessiné son projet de Coursensac et Baladin, sans compter Bug 30, quelques histoires complètes et des dizaines de dessins (sur des cartons de bière) pour la rubrique l’Apache qui rit. Je lui dois, comme d’autres jeunes, mon entrée chez Spirou. Qu’il en soit remercié. Plus tard, chacun a pris son envol. Et l’on dira que la BD l’a un peu oublié. Je garde de lui cet esprit fou et gentil à la fois, rebelle à toutes autorités, et le souvenir d’un hippie qui donnait un sens pictural à ses visions délirantes sur papier. À son enterrement, il y avait une toile faite en hommage au fromage blanc et au yaourt, dont le charme me hante encore. Et comme faire part, son dernier dessin. J’adore. C’est tellement lui. C’était. posted on 20 juillet 2010 à 14:06 par Yslaire / Evènements Rappelez-vous. À la fin du tome 4 Faut-il que nous mourrions ensemble... Bernard découvre derrière le tableau de famille la tête décapitée d’Iris, embaumée. Dans la pièce de théâtre, la scène est reprise, et... il a fallu mouler la tête de la comédienne Audrey Dero, qui joue Julie (et donc ressemble à Iris). Voici les premières photos. Il manque la perruque évidemment. On dira que c’est gothique, et que cela rappelle Mary Shelley, l’auteure de Frankenstein, non ? 

posted on 15 juillet 2010 à 11:54 par Yslaire / Evènements ...du spectacle de Sambre à la Citadelle de Namur. Les photos sont de Marianne Grimont. A noter qu'une séquence de présentation de la pièce a été réalisée et diffusée dans le journal télévisé de la RTBF, juste avant la finale de la Coupe du Monde. A voir ici, dès la minute 16. 



posted on 13 juillet 2010 à 17:17 par Yslaire / Albums ...pour l’automne, en octobre vraisemblablement. Il conte l’histoire de la rencontre des amants de la génération du premier degré d’ascendance (ancêtres de Maxime de Sambre, père d’Hugo et grand-père de Bernard). En d’autres mots, ce sont les prémices de la guerre des Sambre, ou de cette folie qui semble habiter tous les descendants de Maxime. Car l’histoire de sa conception, avant le berceau, en dit long sur le caractère pervers du père d’Hugo Sambre. Celui-là même qui trahira mère et fils, pour sauver sa peau en pleine Révolution et convoler avec Constance Van Loo. Un caractère fort et un coureur de jupons, comme le qualifiait Sarah. Pour ceux qui croient à l’hérédité, ils comprendront qu’il tient beaucoup de sa grand-mère, la comtesse Jeanne-Sophie. À découvrir donc dans ce deuxième cycle de la guerre des Sambre... En attendant, j’ai réalisé quelques esquisses de mise en pages de la couverture en partant de case dessinées de Marc-Antoine Boidin, et, bien entendu, c’est Jeanne-Sophie qui en tient la vedette. Il faut garder à l’esprit que les cases ont été fortement agrandies et que ce ne sont que des esquisses que Marco va redessiner et mettre au net. Mais ça donne une idée du résultat et des variantes... 

posted on 09 juillet 2010 à 14:18 par Yslaire / Auteur ...entreprend sa rénovation. A cette occasion, un appel d’offres à candidatures à eu lieu. Et le bureau d’architectes Origin, avec lequel je collabore régulièrement pour le projet de la Gare Centrale de Bruxelles, m’a demandé d’intégrer dans leur projet une idée de scénographie pour l’entrée du château, après rénovation. Le cahier des charges impose de tenir compte de la réaffectation du château en centre d’interprétation de la littérature pour la jeunesse. En collaboration avec Françoise Olivier, nous sommes arrivés à cette idée de projections d’écritures sur le mur à partir d'un ballon montgolfière, et d’un bassin d’eau en demi-lune, qui reflète en miroir la façade et met en scène cet autre côté du miroir qui fait tout le charme de l’imaginaire enfantin. Esquisses ci-contre du projet... qui soit dit en passant, ne sera peut-être jamais réalisé... 


posted on 05 juillet 2010 à 12:17 par Yslaire / Evènements ... voici ce que j’ai écrit pour le dossier de presse : J'ai toujours été au théâtre. Je veux dire, je ne me rappelle pas de la première fois ou mon Père m'y a emmené. Celui-ci, journaliste politique à la Libre Belgique, ajoutait à ses journées chargées trois soirées par semaine, consacrées à des critiques théâtrales. Généralement, il invitait ma mère ou ses amies à l'accompagner, et parfois ses enfants, à tour de rôle. On peut dire qu'il nourrissait une vraie passion pour cet art, le jugeant supérieur à tout autre. Dans trois cents ans, disait-il, il restera toujours des hommes pour raconter une histoire et jouer des personnages "en vrai", devant un public. Il m'a ainsi transmis l'amour des acteurs, des beaux textes, des grands classiques. Même si lui vénérait Molière, et goûtait peu le cinéma, encore moins la peinture, et que je lui préférais Shakespeare, ou même Rostand, et tous les créateurs d'images... Je me rappelle d'Othello, qui, à huit ans, me fit pleurer à ma grande honte, ou de la finale de Cyrano après laquelle, j'étais sorti avec "… mon panache… ", cachant tant bien que mal mes yeux rougis et attendant mon lit pour enfin lâcher ces sanglots douloureux d'avoir été trop longtemps retenus. Mes premières émotions, les plus violentes, les plus profondes peut-être, ont été le fruit de ces grands classiques. Je les ressassais trois jours durant, une semaine parfois, ils m'habitaient. Je m'en suis nourri pour écrire et concevoir Sambre, avec pour ambition d'émouvoir encore le petit garçon que j'ai été. "Vive l'opéra où Margot a pleuré" écrivait Musset... Oui, je pense même aujourd'hui que tous les dialogues de Bernard et Julie dans cette bande dessinée, je les ai d'abord entendu scandés dans ma tête, comme une musique intérieure, tour à tour criés ou chuchotés par des acteurs imaginaires. Quand Jacques est venu me proposer d'adapter Sambre à la Citadelle de Namur, j'avais déjà reçu de multiples propositions, notamment du cinéma, le plus souvent refusées. C'est vrai, il y a beaucoup de mauvaises raisons qui peuvent motiver un producteur ou un directeur de théâtre. Je parle de raisons étrangères à l'histoire elle-même, comme son succès par exemple, et le profit espéré à le décliner. J'appelle cela "mettre la charrue avant les boeufs". Lui a commencé par me dire qu'il ne connaissait rien à la bande dessinée. Et cela déjà m'apparaissait comme un compliment : ne pas être choisi parce que c'était une BD et que cela semble populaire, que vous avez vendu un million d’exemplaires ou que vous êtes traduit dans neuf langues... mais à cause du sentiment éprouvé à la lecture, c'était déjà l'essentiel espéré. Je savais qu'il avait envie de raconter cette histoire-là, de mettre en scène la même que moi, même si la forme allait varier. Bien sûr, une adaptation de livres en film ou en pièce, c'est toujours un peu une trahison. Gérard Brach, scénariste de cinéma, comparait cela à "faire une sculpture de la Joconde". Il n'a pas tort. C'est toujours une nouvelle aventure, avec d'autres défis, d'autres contraintes. Et peu importe que l'enfant ressemble à sa mère. Non, le lecteur de bandes dessinées ne reconnaîtra pas toutes les cases de l'album, ni toujours l'apparence des personnages dessinés et si peu les décors. Certaines scènes auront disparu au profit de nouvelles, plus proches peut-être de la vérité des planches. Mais l'essentiel sera respecté: deux acteurs dans la force de leur jeunesse ont investi de leur chair les déchirements de Julie la braconnière et de Bernard Sambre. Et toute la troupe qui les accompagne, passant de la réception des spectateurs à l'entrée, enfilant leurs costumes avant de parfois servir au bar, et parfois jouant trois personnages, ont donné sinon leur âme, leur temps et leur talent. Tous ont vibré, incarné et scandé ces textes, que je n'avais jusqu'ici entendus que dans mon for intérieur. Ils ne savent pas le cadeau qu'ils me font, et tant mieux, ils sont dans leur rôle. Ils crient, ou chuchotent les phrases retrouvées de ce tragique premier amour. Elles leur appartiennent déjà. À partir du 3 juillet, vous les entendrez. Et j'espère, vous partagerez avec moi ce bonheur de découvrir que même si Bernard Sambre meurt chaque soir, Sambre a trouvé une nouvelle existence... posted on 29 juin 2010 à 20:51 par Yslaire / Albums Oui, cela fait quelques mois que j’ai repris Sambre. Pour rappel, le tome VI s’appellera la mer vue du Purgatoire. Bien sûr il y aura un feuilleton sur ce site des planches esquissées comme pour Hugo & Iris. Mais avant cela, quelques esquisses de planches : 

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